150 ans après le Décret Impérial pris le 23 mars 1859 par Napoléon III et autorisant des propriétaires « à se réunir en association syndicale sous le nom de société des canaux de la Soulane d’Ur et de Plandails», notre Association Syndicale a vécu en 2009 sa dernière année.Ainsi, 2009 a vu disparaître l’ASA Soulane Plandails et sa jeune sœur Plantade Ansanères, pour qu’elles renaissent et renforcent au sein d’une nouvelle ASA « les Canaux d’Irrigation d’UR »(ASA CI UR).
La fusion des 2 ASA a pour objectif de combiner à des degrés divers :
¨ Le maintien du tissu agricole,
¨ L’amélioration du service rendu aux utilisateurs en évitant l’éparpillement des moyens,
¨ L’évolution des modes d’irrigation liés à la création de stockages de la ressource,
¨ La préservation de l’environnement bocager d’UR,
La décision de fusionner les ASA Soulane Plandails et Plantade Ansanères a été prise à l’unanimité en assemblée constitutive le 27 mai 2009.Au cours de cette assemblée les statuts de l’ASA CI UR ont été adoptés également à l’unanimité.
Mr le Préfet des Pyrénées-Orientales a par Arrêté Préfectoral en date du 1er septembre 2009 prononcé la fusion au 01 janvier 2010, approuvé les statuts et le projet des 2 ASA fusionnée, m’a chargé « de convoquer et de présider la première assemblée des propriétaires en vue de procéder à l ’élection des membres du syndicat dans les conditions fixées par les statuts ».
L’étude diagnostic.
¨ Les ASA doivent désormais disposer d’un plan de gestion de la ressource en eau, afin de bénéficier des demandes de financement pour des travaux de maîtrise d’ouvrage.
¨ La rivière d’Angoustrine est un cours d’eau connu pour sa vulnérabilité à la sécheresse (son débit moyen en août est de 45% du débit moyen annuel contre respectivement 60 et 72% pour le Sègre et le Carol).
¨ La pression agricole liée à l’irrigation est forte sur le bassin de l’Angoustrine où l’on recense de nombreux canaux d’irrigation autorisés et de prélèvements non déclarés.
Face à ce constat , en lien avec le Contrat de Rivière , le Parc Naturel Régional a lancé une étude diagnostic confiée à la Compagnie Bas Rhône Languedoc Ingénierie afin d’avoir:
¨ Une connaissance approfondie de la ressource en eau sur le bassin versant de l’Angoustrine , ainsi que de l’ensemble des besoins et des usages actuels et à venir, des ouvrages d’irrigation et des périmètres irrigués;
¨ Les éléments nécessaires à la définition d’une stratégie visant à pérenniser l’agriculture irriguée à court, moyen et long terme, dans le respect des milieux aquatiques et dans le maintien de l’environnement bocager.
¨ Une lisibilité technique à moyen terme sur les actions et aménagements nécessaires visant à satisfaire les usages, notamment les besoins en eau d’irrigation, dans le respect du débit minimum biologique tel qu’il est imposé par la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques à l’échéance 2014
¨ Permettre l’éligibilité des opérations portées collectivement.
L’ASA s’est pleinement impliquée dans cette étude à la fois dans les réunions du comité de pilotage mais également sur le terrain, au cours de l’été 2009, avec les ingénieurs de BRL Ingénierie: présentation et parcours des canaux, mesure des débits prélevés,restitution dans l’Angoustrine, maillage possible entre canaux, repérage des zones humides, des portions du canal à améliorer etc.…
Le bilan d’étape du 03 décembre fait ressortir 3 enjeux majeurs et 6 propositions d’orientation:
Les enjeux:
¨ le rôle fondamental de l’irrigation dans les systèmes de production
¨ la réduction de l’impact sur les cours d’eau tout en considérant les zones humides liées aux canaux,
¨ le respect de la réglementation.
Les propositions
¨ Améliorer des pratiques de gestion,
¨ Rénover des réseaux,
¨ Modifier des types de réseaux et/ou des types d’irrigation,
¨ Régulation inter-saisonnière,
¨ Utiliser des réserves d’eau existantes
¨ Repenser l’organisation institutionnelle.
Concrètement pour le bassin de l’Angoustrine-Rahur:
Il s‘agit de rénover les canaux ou de poursuivre leur rénovation en prenant en compte les zones humides et l’aspect bocager,
¨ de passer certains secteurs en conduites basse pression (irrigation par aspersion)
¨ de prévoir des retenues collinaires. L’ASA des canaux d’irrigation d’Ur a demandé que la retenue des Bouillouses soit prise en compte dans l’étude notamment en ce qui concerne le déstockage du volume non utilisé par les irrigants de La Têt, dans l’ Angoustrine.
La restitution définitive de l’étude doit avoir lieu le 15 avril 2010.L’ASA sollicitera le PNR, les ingénieurs de BRL et les autres partenaires pour qu’une présentation du dossier soit faite à tous ceux qui ont un intérêt économique ou environnemental à ce projet.
Nos projets pour 2010
Les projets seront validés par le Syndicat issu de l’assemblée des propriétaires .Ils ont pour objet de:
¨ Reconstituer la trésorerie, solder la ligne de crédit(3000€),
¨ Gérer les effets collatéraux de la fusion, notamment en ce qui concerne les redevances à l’are propres aux 2 ASA fusionnées, élaborer le règlement intérieur, les tours d’eau .
¨ Lancer les projet d’extension du périmètre de l’ASA CI UR au bénéfice du Rec-Coumù et du canal de Grand Saule sous réserve de l’accord des propriétaires concernés par ces 2 canaux.
¨ Clarifier avec la mairie, la situation des propriétaires des parcelles du lotissement de la Plantade : actuellement le lotissement est géré comme une parcelle unique dont la cotisation est supportée par la Commune.
¨ Elaborer un plan pluriannuel des travaux à réaliser à partir du plan d’action défini par l’étude diagnostic engagée par le PNR. Ce sera la « tarte à la crème » stratégique des 10 prochaines années qui va désormais nous obliger à repenser tous nos projets en les situant dans une vision de bassin versant et vraisemblablement transfrontalière.
¨ Le pays « Terres Romanes en Pays Catalan » a parmi ses objectifs le lancement et le suivi de la mission d’assistance pour la valorisation du potentiel hydroélectrique du territoire. L’ASA a manifesté son intérêt pour exploiter ce type de ressource dont elle dispose et a demandé au Président de « Terres Romanes en Pays Catalan »de prendre en considération les potentialités hydrauliques de nos canaux pour examiner la faisabilité de créer une pico centrale hydroélectrique(1).